D’où viennent les tapis Beni Ouarain ?

Le travail de la laine naturelle, notamment pour confectionner des vêtements, des couvre-sols ou des couvertures, est vraisemblablement aussi ancien que le début du pastoralisme – il y a environ 10.000 ans – dans les régions montagneuses de l’Atlas marocain. Les pièces Beni Ouarain se démarquent des autres pièces berbères, étant parfois considérées comme des tapis de luxe. Elles suscitent aussi un véritable intérêt dans le monde occidental, où elles s’accordent aussi bien avec des intérieurs modernes que des décors scandinaves, entre autres.

La place particulière des tapis Beni Ouarain au Maroc et dans le monde

Depuis les quarante dernières années, on assiste à plus qu’un intérêt mais un véritable engouement pour les pièces Beni Ouarain, d’abord au Maroc puis, peu à peu, dans les sociétés occidentales. Au Maroc, ces œuvres tiennent une place à part dans l’univers de l’artisanat, se démarquant notamment des autres tapis blancs ou en couleur. Cette considération particulière s’explique notamment par la qualité de travail des tisserandes des régions du Moyen Atlas marocain. Les tapis Beni Ouarain sont souvent systématiquement mis à l’honneur pour sublimer les salons somptueux marocains.

La genèse des tapis Beni Ouarain

Cela fait plusieurs siècles que des tribus berbères sont établies dans les régions autour du massif du Moyen Atlas. Au tout début, elles pratiquaient, comme toutes les autres tribus préhistoriques d’ailleurs, l’agriculture. Le pastoralisme finit par s’imposer, mais les Berbères s’intéressaient vraisemblablement d’abord au lait des moutons. Mais pour faire face aux hivers rudes de la région, les femmes commencèrent à exploiter la laine naturelle pour fabriquer des vêtements, laissant de côté les vêtements en peau, et surtout, des couvertures et des couvre-sols.

Les races ovines et les couleurs de laine de prédilection des Beni Ouarain

Les Berbères, dans leur ensemble, ont pour habitude de croiser différentes races pour obtenir le meilleur brassage génétique des populations. Quatre races de moutons sont présentes sur les terres du Moyen Atlas, dont la race « Marmoucha » est celle qui prédomine chez les Beni Ouarain. Les moutons « Marmoucha » donnent de la laine blanche et brune ou noire.